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Le vehicle to grid, l’avenir du véhicule électrique

22/08/2017

Comment le « vehicle to grid » viendra au secours du business model du véhicule électrique

On l’a vu récemment avec l’impact de la diminution des subventions dans certains pays, le business model du véhicule électrique (VE) est encore fragile... Ce point clé suscite de nombreuses interrogations sur sa capacité à retourner le marché de l’automobile.

En ce sens, l’un des freins majeurs au développement massif du VE est sans aucun doute lié au coût de sa batterie. Il est vrai qu’à 400 dollars par KWh de capacité de stockage, le coût total d’une batterie pour un VE dépasse rapidement les 10 000 euros si l’on souhaite disposer d’une autonomie respectable. Rassurez-vous, les analystes prédisent une chute rapide de ce coût, de 50% d’ici à 2020 ![i].

Mais peu évoquent la révolution à venir, celle qui augmentera considérablement la valeur économique et écologique du VE, le « vehicle to grid », c'est à dire la capacité d’injecter dans le réseau électrique l’électricité stockée dans la batterie pour répondre aux besoins du système électrique.

Dans certains pays, on passe de la théorie à la pratique avec des résultats convaincants. Exemple au Danemark, où l’électricien ENEL et RENAULT NISSAN ont déployé des bornes bidirectionnelles (charge/décharge)les propriétaires de VE pouvant être rémunérés jusqu’à 1500€/an en permettant à l’opérateur de flexibilité de puiser l’énergie dans la batterie durant les périodes critiques.

Le « vehicle to grid » : la capacité à injecter dans le réseau électrique l’électricité stockée dans la batterie pour répondre aux besoins du système électrique.

Cette convergence technique et économique fait écho à la stratégie de TESLA, à la fois constructeur automobile d’un nouveau genre et fabricant de système énergétiques combinant toitures solaires et batteries.

Les batteries des VE connectés au réseau électrique seront utilisées comme un moyen de flexibilité pour la stabilité du système électrique, et ce au bénéfice des consommateurs. La recharge pourra se faire au moment où l’électricité renouvelable est abondante et où la demande est faible ; à l’inverse la batterie pourra être déchargée pour contribuer à l’équilibrage ou au réglage de fréquence du réseau en fonction de de la disponibilité du véhicule dans les minutes et les heures à venir.

"Les batteries des VE connectés au réseau électrique seront utilisées comme un moyen de flexibilité pour la stabilité du système électrique"

L’objectif est double : en utilisant les batteries des VE pour participer à une sorte de centrale électrique virtuelle, on améliorera l’équation économique du VE tout en résolvant la problématique de l’impact pour le réseau de la charge des VE.

Dans cette même logique, nous travaillons aujourd’hui auprès de nombreux industriels disposés à agir sur le process de leurs usines et ainsi flexibiliser leur consommation électrique car ils y trouvent un bénéfice économique (jusqu’à 15% de la part énergie de leur facture). Certains disposent d’un stockage de matière au cœur du process ou en aval, dont la gestion peut être rapproché de celle d’une batterie de VE.

Pour l'opérateur de flexibilité la disponibilité des VE associée à celle d'usines ou de bâtiments connectés permettra d'apporter des services au système électrique et de restituer un maximum de valeur au consommateur. Cette optimisation nécessite une technologie combinant des données variées et nombreuses pour produire et mettre en œuvre les signaux d'activation.

Cette passionnante convergence mettra plus que jamais le consommateur au centre du jeu, un challenge pour tous les acteurs de la révolution énergétique qui a commencé.

[i] Blackrock investment Institute-Future of the vehicle- april 2017.