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Pic de consommation électrique, quelle est la solution ?

10/01/2017

Le système électrique sous tension,
la solution est du côté des consommateurs

La semaine prochaine Météo France prévoit que le territoire va être traversé par une vague de froid vicennale durant plusieurs jours. Avec des températures inférieures de 6 à 8 degrés aux normales saisonnières, le système électrique sera mis à rude épreuve.

D’après les estimations fournies par RTE, le pic de consommation électrique attendu se situerait aux alentours de 102 GW le jeudi 19 janvier. Nous atteindrions alors le record historique de février 2012 !

Bien évidemment, nous n'avons aucune certitude à ce jour sur la réalisation d’un tel scénario, les prévisions météorologiques devant s'affiner dans les jours à venir.

RTE, le gestionnaire du réseau transport d’électricité, est chargé d’anticiper les conditions de maintien et de gérer in fine l’équilibre offre-demande du système électrique. L’étude prévisionnelle qu’il réalise prend en compte plusieurs scénarios relatifs à la consommation d’électricité et les confrontent à la disponibilité prévisionnelle du parc de production afin de déterminer le déséquilibre attendu entre l’offre et la demande. Cette analyse est évolutive et se précise à l’approche du temps réel.

pic de consommation élecrique

En observant les données disponibles pour la semaine du 16 au 22 janvier 2017, on peut recomposer les moyens de couverture prévisionnels du pic de consommation comme suit :

pic de consommation

L’indisponibilité du parc de production, à hauteur de 10 GW supplémentaires par rapport à ce qu’on pouvait connaître le 9 février 2012, provient à la fois de l’arrêt programmé par l’ASN de plusieurs unités du parc nucléaire et de la disparition de plusieurs centrales thermiques ne trouvant plus de rémunération suffisante sur les marchés de l’énergie.

Le déclassement des centrales polluantes, la baisse des prix de l’énergie et le vieillissement de notre parc nucléaire sont autant d’éléments qui alertèrent les Pouvoirs Publics depuis 2006 sur le risque existant sur la sécurité d’approvisionnement.

Ce n’est que dix ans plus tard, le 1er janvier 2017, que, dans l’optique de répondre en partie à cette problématique, est entré en vigueur le Mécanisme de Capacité. Le scénario annoncé pour la semaine prochaine démontre, si besoin en était, qu’un tel outil assurantiel est indispensable pour maximiser :

  • l’adéquation du parc de production avec les estimations prévisionnelles de la demande de moyen et long terme
  • la disponibilité effective des moyens de production et des capacités d'effacement de consommation en période hivernale.

En revanche, par construction, ce mécanisme ne peut pas répondre à une situation de tension anticipée à court-terme.

C’est la raison qui amène les acteurs du secteur à répondre en urgence, pour la semaine du 16 janvier 2017, à l’enjeu de couverture des 5 GW manquants par des appels dans les médias à des actions d’économies d’énergie ou d’activation des capacités d’effacement non exploités à ce jour.

Cependant, on aurait pu anticiper une telle situation et favoriser plus fortement le développement de la filière.

"La capacité d'effacement mobilisable en France se situe à environ 2 500 MW soit 2% du besoin de pointe à venir"

Pour rappel, mobiliser un effacement revient pour un consommateur, dont la consommation électrique est flexible et lorsque le besoin se présente, à renoncer à l’énergie qu'il aurait dû consommer afin de permettre la couverture de besoins d’autres consommateurs. Ce service collaboratif est moins coûteux et moins émetteur de CO2 (lorsqu’on ne recourt pas à un moyen de production de substitution polluant) que le mix de production électrique actuel.

Actuellement la capacité d’effacement mobilisable en France se situe à environ 2 500 MW soit 2% du besoin de pointe à venir, ce qui est insuffisant, pour nous prémunir d’un risque de rupture d’approvisionnement.

Certains pays sont en mesure de mobiliser une capacité d’effacement correspondant à 10% du pic de consommation.

Bien que les outils de valorisation des capacités d'effacements se soient développés ces dernières années, sous l'impulsion de RTE, les conditions techniques et économiques de valorisation des capacités d’effacement sont insuffisantes pour révéler le gisement existant lors des épisodes de tension.

Atteindre 10 GW de capacité d’effacement en France serait parfaitement atteignable si les signaux économiques le permettaient. En effet, nous sommes convaincus que les consommateurs, notamment dans les secteurs industriel et tertiaire, pourraient apporter une contribution bien plus massive à la sécurité du système électrique.

Pour cela, il faut revoir avec pragmatisme les règles de participation des consommateurs à l’équilibrage du système électrique. Privilégions la contribution effective des consommateurs à l’équilibrage du système lorsque le besoin existe, plutôt que la disponibilité continue et l’engagement sur le long terme, en inadéquation tant avec les aléas de la production industrielle qu’avec les besoins du système électrique.

Les pouvoirs publics et les acteurs du système électrique doivent se mobiliser autour de cet objectif de 10 GW qui constituerait une garantie de couverture de la sécurité du système électrique, et un formidable outil d’intégration des énergies renouvelables (autre problématique dont nous reparlerons).

"Atteindre 10 GW de capacité d'effacement en France serait parfaitement atteignable si les signaux économiques le permettaient."

Bien que les outils de valorisation des capacités d'effacements se soient développés ces dernières années, sous l'impulsion de RTE, les conditions techniques et économiques de valorisation des capacités d’effacement sont insuffisantes pour révéler le gisement existant lors des épisodes de tension.

 

Atteindre 10 GW de capacité d’effacement en France serait parfaitement atteignable si les signaux économiques le permettaient. En effet, nous sommes convaincus que les consommateurs, notamment dans les secteurs industriel et tertiaire, pourraient apporter une contribution bien plus massive à la sécurité du système électrique.

Pour cela, il faut revoir avec pragmatisme les règles de participation des consommateurs à l’équilibrage du système électrique. Privilégions la contribution effective des consommateurs à l’équilibrage du système lorsque le besoin existe, plutôt que la disponibilité continue et l’engagement sur le long terme, en inadéquation tant avec les aléas de la production industrielle qu’avec les besoins du système électrique.

Les pouvoirs publics et les acteurs du système électrique doivent se mobiliser autour de cet objectif de 10 GW qui constituerait une garantie de couverture de la sécurité du système électrique, et un formidable outil d’intégration des énergies renouvelables (autre problématique dont nous reparlerons).