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Nouveau mode de calcul appliqué à l’opération de récupération de chaleur sur groupe de production de froid

Les modalités techniques de la subvention CEE couvrant les installations de récupération de chaleur évoluent

La récupération de chaleur sur groupe de production de froid s’est imposée comme l’une des opérations d’économies d’énergie les plus efficaces, notamment grâce au fait qu’elle permette de réutiliser une énergie déjà payée. Elle concerne aussi bien les usages industriels du froid, que les usages dans les bâtiments (chauffage ou eau chaude sanitaire (ECS)). Elle bénéficie de subventions avantageuses pour sa mise en place, via le dispositif des Certificats d’Économie d’Énergie (CEE).

Les conditions techniques de cette opération d’économie ont récemment été revues en profondeur, mais quels sont les impacts de ces modifications ?

Focus sur les changements majeurs dans cet article.

Un volume de CEE proportionnel à la durée annuelle d’utilisation de la chaleur récupérée

Plusieurs changements ont découlé de la révision de la fiche d’opération IND-UT-117 :

  • Tout d’abord, une révision qui concerne l’usage de la chaleur récupérée en lien avec les installations : le calcul de la subvention est maintenant le même, sans aucune différentiation selon le secteur, le sous-secteur ou l’activité.
  • Ensuite, la simplification du calcul, désormais effectué directement à partir de l’économie d’énergie déterminée dans l’étude de dimensionnement préalable.
  • Enfin, le renforcement de cette étude de dimensionnement qui doit justifier de la concordance des besoins de froid et des besoins de chaleur du site.

ZOOM SUR L'ÉTUDE DE DIMENSIONNEMENT

L’étude de dimensionnement est primordiale. Elle permet d’un côté d’évaluer le potentiel de puissance thermique récupérable sur site, en fonction de la durée moyenne de fonctionnement des groupes de production de froid, et d’un autre côté la somme des puissances thermiques à couvrir. L’objectif étant de dimensionner le plus précisément possible le besoin de chaleur qui pourra être couvert par la chaleur récupérée selon la production de froid.

L’étude va également permettre d’estimer les économies d’énergies attendues. Le montant de la subvention CEE découlera donc directement des données issues de cette étude.

Focus sur les modes de calcul

Désormais, l’étude de dimensionnement prend en compte la durée d’utilisation de la chaleur récupérée[1] par rapport aux besoins de chaleur de l’entreprise. Le résultat diffère en fonction de l’emploi de la chaleur sur chaque site, qui peut être utilisée pour :

  • Un process (par exemple le préchauffage de l'eau utilisée pour les nettoyages en place (NEP) dans l'industrie agroalimentaire)
  • Le confort (par exemple pour le chauffage),
  • L’eau chaude sanitaire.

Le mode de calcul permet une estimation plus précise de l’utilisation de la chaleur récupérée par le site. Notamment, pour le confort (chauffage), avec la prise en considération du nombre d’heures pendant lesquelles les locaux ont besoin d’être chauffés.

[1] Le minimum entre la moyenne pondérée des durées annuelles des besoins unitaires affectée des puissances et la durée moyenne de fonctionnement annuel des compresseurs frigorifiques

 

Précisions sur le nouveau calcul du besoin de chauffage des locaux

Le nombre d’heures où le chauffage des locaux est nécessaire dépend des conditions climatiques (comme la température extérieure), qui varient en fonction des régions.

Pour mesurer ces différences, il est possible d’utiliser l’indicateur des Degrés Jour Unifiés (DJU), qui représente l’écart entre la température d’une journée donnée et un seuil de température préétabli. La comparaison des DJU de deux stations météorologiques françaises situées dans des régions différentes, illustre bien que le besoin de chauffage n’est pas le même. En l’occurrence, il est largement supérieur à Strasbourg qu’à Marseille :

  • Strasbourg Entzheim : la valeur totale des DJU est de 2528,7 en 2019
  • Marseille Marignane : la valeur totale des DJU est de 1509,8 en 2019
thermostat CEE récupération de chaleur

Et en pratique ?

Nous avons appliqué cette nouvelle méthode de calcul pour deux projets accompagnés par Eqinov afin d’avoir une première hypothèse de l’impact des changements de la fiche IND UT 117 en ce qui concerne l’industrie :

exemple CEE récupération de chaleur

Pour accéder à la carte des zones climatiques (H1, H2, H3), c'est par là...

Ce nouveau modèle de calcul, entré en vigueur pour les opérations engagées à partir du 1er octobre 2020, permet d’être plus proche des économies d’énergie générées et surtout de consommer mieux !